Au Nigeria

Embarquement à Bruxelles et débarquement à Kano, la plus ancienne ville d’Afrique.

 

Il y a une personne qui m’attend, comme par hasard un Italien, et c'est lui qui m’installe à l’hôtel et le lendemain me confie à un chauffeur qui me conduira sur le chantier, à Jalingo, pour y arriver 800 km de piste.

Certaines choses restent dans mes souvenir de ma première rencontre avec l’Afrique : les douaniers qui nous ont suivis tout hors de l’aéroport pour nous demander un péage spécial, à quel titre je ne l’ai jamais compris, le nombre de serveurs qui nous servaient au restaurant, et pendant le voyage sur la piste, tous ceux qui sont montés dans la voiture en auto-stop et payaient à la descente, ici tout ce monnaye, on m'a expliqué.

Mon entreprise construisait une route de 120 km et plusieurs ponts. Je suis arrivé vers la fin du chantier, et la première mission était d'implanter l’axe sur les sections finies pour le marquage avec la peinture. Je travaille avec une équipe d’Africains, après leur avoir expliqué l’utilisation des appareils, nous traçons l’axe. Une fois l’axe terminé, les équipes de peinture viennent, les premiers kilomètres de peinture sont faits et ma ligne est complètement tordue ??? Je ne comprends pas ce qui arrivait, je vérifiais moi-même les points. Je m'en ouvre avec mes collègues plus expérimentés, je leur dis comment j’ai organisé le travail, et on découvre  le problème, j’ai mis un Camerounais d’un côté de la ligne et un Tchadien de l’autre côté, les deux ne s'accordent pas, quand l’un dit "c’est bon", l’autre marque le point à côté.

 

Maintenant, j’en ris, mais sur le moment ce sont les autres qui ont ri.

 

Avec le recul d’aujourd’hui, je dois dire que les problèmes raciaux existent toujours en Afrique et qu’ils sont l’une des raisons d’empêcher le progrès.

Ma vie au Nigeria a été une aventure continue.

Le projet routier traversait une rivière avec un angle très bien aigu, nous a forcant à faire un pont d’une certaine longueur, si nous avions traversé la rivière à un angle plus proche de la perpendiculaire, nous aurions fait un pont plus court avec des économies évidentes. Le jeune géomètre donc "moi" partira alors avec une équipe à la recherche d’un autre passage plus à nord et avec un angle plus favorable. Chaque jour, nous avancions d'un kilomètre à la machette, le soir nous retournions à la base. Au quatrième jour, nous sommes arrivés à la rivière, heureusement à sec, nous avons fait nos relevés et continué notre exploration, arrivant le septième jour à retrouver le tracé original, pour la statistique à 25 cm du piquet d'implantation que nous aurions dû trouver. À l’époque, il n’y avait pas ni GPS ni appareils à rayons pour les mesures.

 

Et voici Christèle parfaitement à l’aise parmi ses amis nigérians, trente ans plus tard, elle est toujours à l’aise en tant que directeur marketing dans une grande société financière au Luxembourg. Bien sûr, elle court aussi le semi-marathon pour le moment.

           

            Une autrefois, je traçais la route en plantant moi-même les piquets, à un certain moment, silence… Je lève la tête, et je trouve une flèche à 20 cm de ma tête, la flèche se tenait dans un arc et un autochtone le bandait, tous mes hommes étaient également mis en joue par autant d’indigènes, je me lève calmement, sans crainte, peut-être l’inconscience, et je cherche des explications.

- Si vous coupez encore une autre plante de maïs, nous vous tuons - Il était vrai que j’étais dans un champ de maïs, mais les terres avait été expropriées et les habitants indemnisés. Après nous être expliqués en trois langues, de l’anglais au haussa (langue des marchands arabes d’Afrique du Nord) et au dialecte local, ils nous ont laissé nous en aller. Quand je suis revenu au camp de base, nous avons essayé de comprendre pourquoi les autochtones n’étaient plus d’accord. En fait, l’argent, oui, il était parti, mais il n’avait jamais atteint les villageois.

 

            Je pourrais vous écrire un roman seulement avec un an de Nigeria, et qui sait, peut-être un jour je le ferais, mais ce n’est pas le lieu, je peux juste vous dire que je voulais rentrer après un an, la société de consommation me manquait (c'est exactement ça!!). Nous retournons à Bruxelles et la première chose que je rencontre et que j’avais oubliée, le froid « su friusu », immédiatement à la descente del ’avion, par opposition à aujourd’hui où parfois quand je reviens à Dakar, j’ai l’impression qu’il y a un gars avec un lance-flammes qui m’attend à l’ouverture de la porte de l’avion.

 

Mon curriculum vitae commençait à devenir intéressant, et je n’avais pas peur de me diriger vers le Sud-Ouest de la France, où j’avais été en lune de miel et que j'avais aimé.