Au Luxembourg 2

Entre le temps où j’ai cessé de travailler à Dax et le temps où je suis retourné à Luxembourg, j’ai passé trois mois sans travail, c’était une nouvelle expérience pour moi que je n’avais jamais cessé de travailler. J’ai considéré ma période sens travail comme une chance que le destin m’a donné et au lieu de me complaire dans mon malheur j'ai approfondi mes études en informatique et en conception assistée par ordinateur. À cette époque, j’étais proche de celle qui allait devenir ma seconde épouse. Chaque jour, quand elle partait travailler, j’allais à l’ordinateur et j’étudiais, comme si j’avais des journées de travail, et je suivais des cours par correspondance. Un jour, l’appel du Luxembourg est arrivé, alors je suis parti pour une nouvelle aventure. Mon expérience et les connaissances que j’avais acquises en conception informatique m’ont permis de m’insérer rapidement. Je me suis rendu compte que certains collègues auraient dessiné avec l’ordinateur s’ils auraient pu le faire, alors j’ai organisé des cours au moment de la pause de la demi-journée, il y avait 6 « étudiants », l’initiative a réussi et l’informatisation générale du bureau a commencé. Je n’étais pas  le seul qui savait comment dessiner à l’ordinateur, mais tous ceux qui savaient comment l'utiliser ne voulaient pas enseigner aux autres, ils pensaient que la connaissance leur donnait un certain pouvoir, je pense que la connaissance n’a de valeur que si elle est partagée.

            En dehors du travail, j’ai couru et pédalé, je m'étais engagé avec ma deuxième épouse avec qui je partageais pas mal de passions dans un club de Metz et ensemble nous avons fait de grands raids, notamment un de 600 km, un brevet du samedi matin au dimanche soir, la randonnée nous a emmenés  de France au Luxembourg, Belgique, Hollande, Allemagne, Belgique encore Luxembourg et France pour finir. Je vous fais partager un secret, La Hollande n’est pas plate, du moins pas toute, et le château de Vianden  au Luxembourg, vous savez, celui du film « D'Artagnan »avec Justin Chambers, dans lequel il se battent à l'épée attachés à des cordes le long des murs, n’est pas situé au milieu d’une plaine, mais au milieu des montagnes, miracle de l’informatique.

Pendant mon séjour au Luxembourg, j’ai visité les endroits les plus froids et les plus chauds du monde, pour moi, l’endroit le plus froid où j’ai été ce fut le Cercle Polaire. La société Toshiba, réunit un jour les meilleurs clients d’Europe et lui offra un voyage au Cercle Polaire. Ils nous ont envoyés à Rovaniemi, ils les ont «déshabillés » et nous ont rhabillés pour le froid, ils nous ont confié des moto- neige et nous avons remontés une rivière glacée jusqu'au cercle polaire. Pour vous donner la notion de froid, j’étais assis avec un collègue sur un banc et j’avais un verre de viandox bouillant à la main, j’ai dit quelques mots à mon collègue et j’ai posé le verre sur le banc, deux ou trois minutes, je me retourne pour ramasser le verre, c’était un bloc de glace. L’endroit le plus chaud. Dans l’aciérie Arbed au Luxembourg, un four électrique fonctionne, alimenté par une électrode, le four est comme un grand pot avec le couvercle percé, dans ce trou l’électrode est introduit, 7 mètres de long par 1 mètre de diamètre, une grande pince prend régulièrement l’électrode consommé et la change avec un nouveau en visant exactement le trou. Au fil du temps la pince se dérègle, elle prend une légère courbe, j’ai donc grimpé sur le bord du pot ouvert pour mesurer la distorsion de la pince, attaché avec des sangles pour ne pas tomber dans le pot qui avait une température entre 1400 et 1500 degrés, j'ai fait les mesures les plus rapides de ma carrière...