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Semi-marathon de Somona

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C'était torride de type dantesque, une sorte d'antichambre de l'enfer. Tout avait donc bien commencé, quittant Dakar vers 9h30 de voiture pour rejoindre Somona qui se situe à environ 80 km de Dakar. Vers 11h30, nous étions à la réserve de Bandia, nous avons donc décidé de nous arrêter pour déjeuner dans le restaurant de la réserve. Vues sur le cours d'eau, crocodiles au soleil, buffles d'eau, singes et phacochères, idylliques, faites attention à un singe qui s'approche un peu trop. Selon le serveur, c'est une voleuse, la semaine dernière, elle est partie avec un appareil photo et un téléphone portable, qui sait ce qu'elle va faire d'autre. Chaque fois que je me retourne pour la regarder, elle se rapproche, jusqu'à ce que je décide de lui lancer un caillou, non pas pour la blesser, mais pour lui faire comprendre que j'ai remarqué sa manœuvre. Apparemment elle a compris, car elle s'en va et, au bout de quelques minutes, les bruits à côté de moi me font comprendre qu'elle a choisi d'autres victimes, elle a réussi à voler un sandwich à une table voisine à la grande joie des enfants qui aiment voir elle en action. Notre déjeuner se termine à 12h10, timing parfait, la balade commence à 16h30. Enfin, parmi les hôtels de la station touristique, nous trouvons le nôtre, un accueil parfait, à la réception ils ont le calendrier des Caïmans et ils m'identifient immédiatement sur la photo du groupe. On passe ensuite au départ, pour la rencontre entre amis et concurrents, et on commence à se rendre compte qu'il fait vraiment chaud, les organisateurs ont sagement décidé de retarder un peu l'heure de départ. La température à l'ombre est de 41 degrés et nous courrons au soleil.

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J'avais décidé de courir à 12e30 en moyenne et je me sentais prêt. Michel nous fait une introduction avant de partir, avec quelques recommandations et des appels à la prudence. Au départ je m'ajuste à une moyenne de 12, je comprends tout de suite qu'il sera difficile de respecter mes aspirations, Chistophe court à mes côtés, plus tard il repartira à bon droit à son rythme, j'espère garder quand même. Après seulement deux kilomètres je sens la trachée en feu, au troisième les jambes sont en coton, jamais ressenti cette sensation si vite. Heureusement il y a un rafraîchissement tous les trois kilomètres, je m'arrête pour boire et constate que je ne suis pas le seul à avoir cette sensation, je reprends et le fait de boire me soulage un peu, malheureusement la sécheresse de l'air ne nous fait pas transpirer , donc la chaleur reste à l'intérieur, avec surprise je trouve un compagnon à l'agonie, Nicolas qui est un garçon qui fait le semi-marathon en 1h33, ensemble on décide de rester sur le chemin, et personnellement je n'abandonne pas, car je pense que celui-là qui s'entraîne pour faire 100 kilomètres n'a pas le droit de lâcher prise sur 20, alors je décide de lâcher tout ce qui peut être l'entraînement physique et de faire travailler le mental, avec Nicolas on se comporte comme deux personnes qui n'ont qu'une jambe, une la droite et une à gauche et avancez. C'est vraiment dommage, car le paysage est magnifique, après avoir remonté la côte et rencontré Nicolas, nous avons traversé une zone de baobabs, et c'est là que j'ai ma crise la plus forte, au km 12, dix minutes pour faire un kilomètre . Encore une fois, je pense à environ 100 km et le droit de ne pas abandonner. A partir du km 13 ça va un peu mieux, Raphaël qui avait quitté la course comme beaucoup d'autres, nous voyant en difficulté, a recommencé à courir avec nous, et définitivement trois c'est encore mieux. A 14 ans on passe dans un tunnel de végétation, et Raphaël nous jette "Attention aux hyènes", si tu as envie de plaisanter, ça veut dire que les forces reviennent, en fait on n'est plus contre le vent et la température a perdu quelques degrés, les sièges de rafraichissements toujours présents nous servent à justifier les arrêts, et avec le camion de secours médical qui nous suit, nous arrivons au bout. Le dernier kilomètre nous réserve une belle surprise, Agnès est venue à notre rencontre et nous encourage en terminant avec nous, elle a eu de la chance, convalescente, elle n'a pas pu prendre le départ. Nous sommes à l'arrivée, mal partagés mi-joie, c'était un massacre, avec la satisfaction de l'avoir gardé, et le plaisir de partager mes kilomètres avec Nicolas et Raphaël, il sera inévitable qu'à chaque fois qu'on croise un regard ou un demi sourire nous ramènera à cette journée épique. C'est pourquoi je cours.

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