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APPRENDRE EN MARCHANT  … même sur un glacier !

Leçon 1 : c’est toujours un trek mais pas encore de l’alpinisme.

Expérience réalisée en Mars 2024 sur le Glacier GREY au Chili. Ou est-il exactement ?

Dans le sud de la cordillère de Patagonie, à l’ouest du massif Del Paine, au sein du Parc national Torres Del Paine, rattaché au Parc National de Los Glaciares, dans l’antarctique chilien. En 1996, sa taille officielle était de 2.Z70 km2 sur 28 km de longueur et 6 km de large pour une hauteur de 30 mètres : une falaise géante qui plonge dans l’eau du lac du même nom. Joli pédigré !

Vieux de millions d’années, il ne cesse de maigrir mais reste la 3ème plus grande calotte glacière sur terre, après l’Antarctique et le Groenland. Pourtant, il est l’un des plus petits glaciers de la région de Magallanes qui en compte plus de 24.100 !

Dans le désert on encaisse des dunes de sable. Je vais devoir avaler des dunes de glace. Cette expérience se mérite, comme un parcours du combattant pour :

-ACCEDER de bon matin du refuge au ponton sur le lac, après un agréable parcours dans les chemins escarpés de la forêt. Ici, rien n’est plat.-NAVIGUER une petite heure dans une embarcation motorisée pour atteindre la rive opposée au plus près du glacier. Il pleut. Le vent souffle fort. Le ciel est gris de nuages denses. Je comprends pourquoi tout s’appelle GREY ici ! La vingtaine de candidats aux émotions se tient chaud, au coude à coude, malgré le roulis de l’embarcation.-REPRENDRE la rando sur le versant noir de la montagne surplombant le monstre de glace. La pierre est glissante. Le dénivelé est généreux. Un crachin persiste. Les visages sont cachés entre bonnets et tours-de-coups sur le nez, tels des brigands à l’abordage.-S’EQUIPER avant les premiers pas sur la glace, en écoutant religieusement les consignes du guide qui fournit : crampons, baudrier, casque et piolet. C’est clair : il faudra marcher jambes un peu écartée, faute de se prendre les pieds dans le bas des pantalons et risquer de tomber dans une crevasse. Je dois tenir mon piolet en carbone (tiens un Petzel !) par le haut, pointe vers l’arrière, entre deux doigts et toujours côté montagne. Le guide est doté d’une grande corde : au cas où !-AVANCER encore quelques mètres pour tester les crampons dans les graviers grisâtres et prendre confiance à chaque pas. Hop ! : une enjambée … je suis sur le glacier ! Ça craque bruyamment. J’imagine les 30 mètres d’épaisseur sous moi

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Reste à apprécier mon évolution sous le regard bienveillant du guide chilien.

 

Enfin, je suis dans le blanc de blanc. Ce n’est pas tout à fait vrai car je distingue enfin de près, de quoi sont faites ces traces grises visibles à des km. La surface est constellée de petits cailloux noirâtres, transportés par le fort vent depuis les monts environnants. Sans doute sont-ils recouverts lors des prochaines chutes de neige ?

La pluie se calme enfin. Le vent aussi. La progression est lente et agréable. Pas un bruit. Pas un animal. Seuls les craquements sous nos pieds qu’il nous faut bien enfoncer à chaque enjambée pour les accrocher dans la glace dure.

Le guide explique notre chance de vivre l’expérience par temps couvert qui rend les couleurs plus fortes. En effet, place aux découvertes surprenantes :

. Je rentre dans une grotte naturelle de glace qui s’enfonce dans la paroi. Son plafond devient bas. Il faut me baisser.

. Je pénètre dans un autre tunnel qui s’ouvre à l’extrémité, telle une chambre froide.

. Par touches plus ou moins grandes, des flaques d’eau fondue éblouissent d’un bleu azur intense. Sa couleur est due à la compression et au manque d’oxygène.

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Je n’ai pas froid. Le guide nous fait la surprise d’un délicieux thé au gingembre lors d’une pause appréciée : Tea on the rock !

Vus de loin et dans mes rêves gourmands, les glaciers ressemblent à une immense omelette norvégienne, fondant dans une assiette à la fin d’un dîner de mariage, abandonnée par un convive repu. Les vagues de petits cailloux sont faites de chocolat et les crevasses simulent des tranches plus ou moins fines.

Ce glacier est dit « sec » car sans neige puis qu’ici nous sommes en été et peu tourmenté car les crevasses sont assez rares où nous évoluons. Préférable, pour des aventuriers-touristes !Une excursion en catamaran sur le lac de lendemain me permet de mesurer l’envergure du glacier, de revoir ce bleu profond dans les failles verticales de la falaise et de m’imaginer comme un petit point GPS sur la surface de ce gigantesque gâteau fondant.

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Puisque l’on parle de « désert de glace », je pense bien sûr à mon désert de sable adoré !  Je m’amuse à comparer la vision des vagues successives au-dessus du glacier, à celles des dunes de sable. Même grandeur et immensité. Mais la lumière est si différente. A l’éclat du soleil et d’un ciel chaud sans nuage, se substitue ici un plafond grisé et bas. Même les photos semblent faussement en noir et blanc. Je suis encore un tout petit grain de rien du tout sur terre, aussi fragile face aux éléments que forte du courage d’évoluer en milieu considéré par beaucoup comme hostile.

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Leçon 2 : Cette marche en terre inconnue comble mon goût des défis et le leurs partages avec des compagnons aussi singuliers. Bien sûr, il m’est plus agréable d’être en paréo sous la chaleur qu’engoncée en cosmonaute dans la froidure ! Cette nouvelle expérience renforce la distance à prendre avec certaines préoccupations dérisoires au retour dans notre hexagone ! Mon corps est plus lent à s’adapter à la froidure montagnarde qu’à la chaleur désertique.

Leçon 3 : Outre l’exploration de paysages fabuleux, voyager c’est respecter les différents environnements et vivre des sensations nouvelles. J’ai démontré que, malgré les réticences d’un (ex)règlement du Parc chilien, qui privait les plus de 65 ans d’un tel défi, mes articulations ont facilement résisté à l’aventure qui, à mon sens, reste ouverte aux esprits sportifs, curieux et amoureux de la nature .

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